lundi, dcembre 17, 2018 16:44

Archive for the ‘Sur les rayons de ma biblio’ Category

La Mongolie n’est plus ce qu’elle était…

Lundi, avril 30th, 2018

Entre traditions qui se perdent (pas toujours une mauvaise chose pour certaines cependant…) et nomades de plus en plus sédentarisés dans des yourtes installées aux portes inhospitalières de villes agitées, sur-exploitation de son riche sous-sol par des puissances étrangères insatiables, corruption et mainmise des mafias plus ou moins locales, la Mongolie n’est pas qu’une succession de magnifiques paysages de steppes et de déserts et le commissaire Yeruldelgger Khaltar Guichyguinkhen, police de Oulan-Bator, est toujours plongé dans des séries d’enquêtes bien compliquées et il est fatigué… Fatigué d’autant plus que sa vie privée lui a réservé son lot de mauvais tours, joués par des personnages sans scrupules et dignes héritiers de la barbarie de Gengis Khan, fatigué parfois même dans la yourte de Solongo, pourtant la seule à lui apporter encore un peu de réconfort.

Grâce à cette trilogie de polars haut de gamme, Ian Manook nous fait voyager aux confins de l’Asie… et d’ailleurs… et nous rend addict dès les premières pages par le suspens inhérent à ce type de littérature mais également par sa belle écriture et le plaisir qui en découle.

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Murakami – Le pinceau et la plume

Lundi, août 7th, 2017

Il y a Takashi, le Murakami qui excelle au pinceau… et autres techniques de peinture.
Entre manga et tradition japonaise, ses 500 Arhats, ses crânes et ses fleurs m’ont laissée émerveillée à la galerie Perrotin fin 2016.

Memento mori… mais dans le flamboyant !

J’ai retrouvé son Mr Pointy au Art institute of Chicago lors de mon voyage aux US en mai… et la magie a opéré de nouveau !

Et il y a Haruki, le Murakami dont la plume interpelle les neurones logés au fin fond de mon cerveau pourtant de plus en plus tire-au-flanc.
Entre poésie et humour, entre vie quotidienne pépère et vie parallèle plus complexe, quel bonheur de se plonger dans sa trilogie 1Q84 ou dans sa Ballade de l’impossible… et sa Fin des temps, lue juste avant mon départ pour le périple sus-cité… de quoi partir plongée dans un état proche de low-high… haut au final !

« Tout au fond de moi, la trace des choses perdues continuait à irradier sa lumière, et c’est ce qui avait nourri ma vie jusqu’à maintenant. »

> La ballade de l’impossible (Norwegian wood) : bande-annonce du film de Tran Anh Hung
(séance rattrapage en vue… loupé lors de sa sortie en 2011… le petit bonus : musique originale de Jonny Greenwood…)

Sinon, entre les deux Murakami, hormis leur origine japonaise et mon admiration, aucun lien de parenté en fait !

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Livre du jour – 11 août 2016

Jeudi, août 11th, 2016

Allan Karlsson’s project : ne jamais passer plus de temps que nécessaire là où l’on ne peut pas boire un coup tranquillement, la compagnie étant de moindre importance, pour peu qu’elle soit accueillante en matière de nourriture et d’alcool.

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La perspective de fêter ses 100 ans au jus de fruit à la maison de retraite ne l’emballant pas outre mesure, Allan a donc, comme à son habitude, suivi son instinct et pris la poudre d’escampette en ce 2 mai 2005, et compte-tenu de tous les mauvais pas dont il s’est tiré grâce à cette propension naturelle et à sa philosophie apolitique et agnostique, il semble que sa devise
« Les choses sont ce qu’elles sont et elles seront ce qu’elles seront »
soit d’une pertinence incontestable.

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Nota: dans 10 ans j’aurai l’âge de mon année de naissance (enfin il faut soustraire 1900 ans bien sûr…). Oui et ? Me direz-vous… Et rien, ça n’a effectivement aucun intérêt…

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Régression en 4 actes – Acte IV

Jeudi, mars 5th, 2015

« Pour terminer ce qui se rapporte aux combles de la scène, je dirai prestement que la construction de ces combles en plomb est aménagée de façon que la circulation soit des plus faciles de toutes parts : trois rangées de larges marches en zinc montent de la base du toit à son faite, une à chacun des deux murs pignons, l’autre dans l’axe transversal, et que dans le sens des longs pans, se trouvent sept grands chemins horizontaux de circulation dont le supérieur a près de deux mètres de largeur. On peut donc parcourir le toit dans tous les sens, sans aucun danger, sans aucune entrave, et cette facilité de communication, si utile en temps ordinaire et qui deviendrait si précieuse en cas de sinistre, donne, par l’agencement des chemins qui la produisent, un aspect fort typique au grand comble de la scène du nouvel Opéra. »
Charles GARNIER

Vacances de février de l’an dernier, je retournais visiter l’Opéra Garnier avec ma fille et là, toujours la même frustration : ne pas pouvoir visiter les anciennes salles de cours des petits rats, ni la rotonde Zambelli… ni le moindre espoir de pouvoir un jour trottiner sur les pentes et admirer Paris depuis les toits de ce magnifique monument comme l’avaient fait dans les années 60 Delphine et ses copines du corps de ballet.

C’était L’âge heureux. Toutes les petites filles de ma génération découvraient la vie des petits rats et la discipline qu’exigeait leur engagement dans cette institution grâce à ce feuilleton de 1966, adaptation pour la télé du livre d’Odette Joyeux : Coté jardin, mémoires d’un rat.
Rivalité, jalousie, transgression de l’interdit, report des ambitions ratées de la mère sur sa fille, peur de décevoir, revanche… Depuis, Aronofsky a sorti son Black Swan et a ancré un peu plus profondément ces notions dans notre esprit (y’a juste une légère différence dans le traitement des thèmes… Une chose est sûre, on ne revoit plus Le lac de cygnes sous le même angle après cela : je viens d’en voir une version très académique il y a quelques jours, avec un prince au curieux balancé de hanches qui avait un peu trop travaillé l’ahurissement figé sur son visage à chacune de ses entrées… hmmm hmmm… c’est pas pareil quoi !).

Je rappelle l’intrigue ?
Allez, petit résumé :
Delphine Nadal vient d’être choisie par Ivan Barlof, maître de ballet de l’Opéra, pour interpréter le rôle principal de Galatée dans le ballet du même nom au détriment de Julie Alberti, pourtant première de sa classe de danse, qui ne sera que remplaçante. Alors que Delphine et sa copine Bernadette Morel se rendent à l’atelier des costumes pour un essayage, les deux amies franchissent la porte interdite laissée ouverte par des ouvriers et se retrouvent sur les toits du palais Garnier, s’extasient sur le panorama depuis là-haut et se dépêchent de raconter leur exploit à leurs camarades de classe puisque tout petit rat obéissant qu’elles sont, elles n’en cultivent pas moins l’espièglerie et le prouvent le soir même : profitant que la clé de la fameuse porte interdite est tombée dans un pot de peinture sous les yeux de Nadal et Morel, et donc facilement récupérable, les voici toutes à gravir les pentes des combles et à y jouer à cache-cache lors de la représentation du soir au lieu d’attendre sagement leur tour d’entrée sur scène dans leur loge… Tout aurait pu bien se terminer puisque deux ou trois poltronnes qui n’avaient pas voulu enfreindre le réglement sont restées dans le bâtiment et accourent pour avertir leurs copines délurées lorsque le moment vient pour elles de rentrer sur scène. Mais c’était sans compter sur la malveillance d’Alberti qui entrevoit tout à coup le moyen de récupérer sa place, qu’elle estime légitime, de premier rôle et enferme Nadal et Morel à la traîne sur les toits. N’ayant plus d’autre alternative, elles tentent de rentrer en brisant une vitre de la salle de cours et là patatras : la vitre est bien fracturée mais le tibias de la pauvre Bernadette qui s’est collée à la vilaine tâche d’un coup de pied se fracture aussi dans la chute qui s’ensuit… Le drame est en route : Delphine se fait renvoyer, ses copines d’embrouille la laissant assumer seule la faute, s’enchainent mensonges à sa mère, enquête de police, errances dans les rues de Paris, clé dissimulée-découverte-redissimulée, copines qui culpabilisent, maître de ballet qui prend la défense de la suspendue, répétitions de Julie-l’usurpatrice finalement confondue en voulant se débarrasser de la clé et héroïne réintégrée à l’Opéra qui finira, car à l’époque les feuilletons finissaient généralement bien, par danser son rôle de Galatée dans son beau costume et sa perruque de poupée !!! Ouf !!!

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Ne pensez pas que j’ai une mémoire d’éléphant, je viens tout simplement de revisionner l’intégralité des épisodes grâce à deux liens trouvés sur Youtube :

> L’âge heureux – partie 1
> L’âge heureux – partie 2

Nota : sans compter le plaisir pris à retrouver ces images dont certaines étaient encore bien nettes dans ma mémoire, il faut reconnaître que c’est toute une ambiance du Paris de l’époque qui y est consignée, avec ses vues de la capitale, ses voitures, ses bus à plateforme, mais aussi l’enseignement de l’époque avec ses cours de morale, l’habitude d’appeler les élèves par leur nom de famille…

Le lien avec l’actu ? Et bien Odette Joyeux, auteur du livre et actrice du film où elle y joue la mère de Delphine, était dans la vraie vie la mère de Claude Brasseur que l’on retrouvera le 25 mars en invité d’honneur du Festival du film policier de Beaune où il lui sera rendu hommage.

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Régression en 4 actes – Acte II

Samedi, mars 1st, 2014

Le secret du Grand Baou…

C’est pas croyable tout ce qu’il pouvait contenir ce carton disparu !!!
(voir ici et ici…)

Je n’y pensais plus à celui là, et puis Nicolas Vanier a sorti sa version de Belle et Sébastien
Je ne voulais pas aller le voir, préférant rester sur les images de la série TV de Cécile Aubry des années 60/70 que mes yeux d’enfant avaient vues et gravées dans ma mémoire. Et puis la tentation de revoir Medhi, jouant un rôle de bûcheron, plus de quarante ans plus tard a été trop forte et je m’en fus donc accompagner ma fille de 19 ans à cette séance ciné qui s’annonçait nostalgique !

Et finalement, je me suis bien laissée prendre par les magnifiques images, les acteurs, le gros toutou, l’histoire – transposée pendant la 2ème guerre mondiale, ce qui lui conférait un petit côté 16 à Kerbriant (je l’avais oublié aussi ce feuilleton avec Louis Velle en officier allemand amoureux de la fille des fermiers d’un village breton dont la ligne téléphonique est branchée sur celle de la Kommandantur !) – et les chansons du feuilleton d’origine dont les paroles me sont revenues tout naturellement dès les premières notes !

>  pour mémoire : l’oiseau (qui était en fait le générique de Sébastien parmi les hommes)

En croisant le regard et le sourire complices de quelques unes (et quelques uns) de ma génération qui attendaient pour la séance suivante lorsque je suis sortie de la salle (accompagnés également de leurs ados…), j’ai bien compris que Medhi avait été le copain, voire le petit frère virtuel de bon nombre de jeunes télespectateurs et tatrices dans ces glorieuses années télévisuelles en noir et blanc.

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Régression en 4 actes – Acte I

Dimanche, février 16th, 2014

Il y a quelque chose de joli au royaume de Danemark…


La petite fille aux allumettes, La petite sirène, Le vilain petit canard, La princesse au petit pois, Le rossignol et l’empereur de Chine et… La Reine des neiges ! Récemment adaptée par Disney au cinéma, c’est avec un grand plaisir que je suis allée en famille voir ce conte porté sur grand écran avec les places gagnées sur la page Facebook de Visitnorway.com (puisque ce sont les paysages norvégiens qui ont inspiré les décors des Studios Disney).

Oui, tous ces contes d’Andersen, si jolis…  mais si tristes le plus souvent ! Du moins, c’est le premier sentiment qui me vient à l’esprit quand j’entends parler de l’auteur danois. Et invariablement, je pense au Livre des bêtes enchantées, recueil aux magnifiques (mais impressionnantes pour une petite fille de 3 ans) illustrations d’Adrienne Ségur que mes parents m’avaient offert alors que je ne savais pas encore lire. Ce livre, qui bien sûr se trouvait dans ce maudit carton de déménagement perdu – voir tout en carton – regroupait des contes de différents auteurs, dont trois contes d’Andersen, et quand ce cher William nous assurait que jamais aventure ne fut plus douloureuse que celle de Juliette et de son Roméo, on voit bien qu’il était né trop tôt pour que sa mère puisse lui lire Les cygnes sauvages ou La petite Poucette dans sa petite enfance !

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♥♥♥ message personnel ♥♥♥
oui maman, je sais, tu trouvais que je ressemblais à Poucette et que c’était de belles histoires que tu aimais me lire le soir, même si tu avais fini par abandonner, désespérée de devoir affronter mes larmes à chaque lecture, mais bon, il faut quand même reconnaître que ces contes prédisposaient à la mélancolie !!!

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Roman yin et BD yang

Mardi, juin 4th, 2013

Quand il quitte son Islande natale, avec 3 boutures d’une variété de rose à 8 pétales dans ses bagages, le narrateur de Rosa Candida n’a qu’une idée en tête : rejoindre la roseraie d’un monastère perdu au fond d’un petit village. On ne sait pas vraiment dans quel pays se trouve ce village, comme on ne sait pas grand chose en fait au départ du protagoniste de cette histoire, pas même son vrai prénom. On sait qu’il laisse derrière lui son frère jumeau handicapé, son père veuf depuis un an, la mémoire de sa mère qui lui a laissé en héritage la passion de l’horticulture, une petite fille de 7 mois et Anna, sa mère. On saura ensuite que si cette petite Flóra Sól n’est pas née dans une rose, elle y a pratiquement été conçue, accidentellement, un soir dans une serre, lors de la seule relation qui aura uni deux ou trois heures durant Anna et notre héros. Et puis au fur et à mesure du déroulement de cette histoire simple, par l’intermédiaire de petits détails, avec une subtilité étonnante, plein de choses sont révélées sans être dites… C’est doux et délicat comme un parfum de rose… Ce roman d’Audur Ava Ólafsdóttir est résolument yin…

Lu entre les volumes 7 et 8 de Walking Dead, la BD qui nous conte les aventures d’un groupe d’humains tentant de survivre  au milieu de morts-vivants qui ont envahi la planète, et qui n’hésite pas à faire tomber ses héros, on ne pouvait pas trouver plus fort contraste !

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Deux enfants dans un sapin

Mardi, septembre 25th, 2012

Forcément, vous avez eu un jour un livre de la bibliothèque rose sur votre table de nuit, forcément vous avez lu une des innombrables histoires d’Enid Blyton : les séries du Club de cinq, de Oui Oui, des Mystères, de Jojo Lapin, du Clan des sept, de La famille Tant Mieux… Bien avant J.K. Rowling et sa saga d’Harry Potter, les britanniques avaient déjà une romancière pour enfants mondialement connue.

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Et puis il y avait une série Belles histoires à laquelle appartenait ces Deux enfants dans un sapin. Il m’avait été offert en récompense à la fin de mon année de CP, accompagnant un prix de lecture ou autre.

Quand mes filles ont été en âge de lire, j’ai recherché ce livre qui avait enchanté mes premières années d’élémentaire : impossible de le retrouver ni dans le grenier de mes parents, ni en rayon dans quelque librairie que ce soit (et pour cause, il n’était plus édité). Et puis, lubie soudaine, voici que cet été la chose se remet à me trotter – allez savoir pourquoi – dans la tête entre 1 carambar et 1 Michoko, et là, merci internet, je trouve une édition de 1966 sur un site de vente de livres en ligne !


Illustrations de Jeanne Hives

Petite pause régressive dans mes lectures estivales : entre le troisième tome du 1Q84 de Murakami avec son monde parallèle à deux lunes peuplé de Little People tisserands et Les chaussures italiennes de Henning Mankell avec son ex-chirurgien rongé par le remord isolé sur sa lointaine île suédoise (très beau et très touchant roman d’ailleurs de cet auteur plutôt connu pour ses polars sombres), je me suis donc replongée dans les aventures de Jean-Pierre et Anne-Marie, les 2 jumeaux à la recherche de la princesse Rosabelle enlevée par le méchant lutin Patatrak, aidés en chemin par de nombreux personnages à poils, à plumes ou à veste rapiécée, traversant de lointaines contrées perdues au-delà du sommet du grand sapin dominant le bois longeant leur sweet home, usant avec parcimonie de la poudre de Perlinpinpin ! Magique !!!

Cette fois, je le garde précieusement, juste à côté de mon exemplaire, original celui-là, des Deux jumelles en pension de… Enid Blyton

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Quelques mois à l’Amélie

Dimanche, février 5th, 2012

Il y a tout juste une semaine, Jean-Claude Denis recevait le Grand Prix du festival international de la BD à Angoulême.
Conséquence évidente : envie immédiate de descendre cet ouvrage de l’auteur de son étagère et de me replonger pour la nième fois dans le périple salvateur d’Aloys Leclerc.

Plus connu de ses lecteurs sous le nom d’Aloys Clark, cet écrivain en panne d’inspiration écume depuis deux ans les quatre coins de l’hexagone, dispensant un discours auquel il a de plus en plus de mal à croire à des étudiants pourtant admiratifs.
« Ecrivain-vain, Romancier-scié », au bord du grave pétage de plomb, le voici qui tombe tout-à-coup sur Le coucou un petit livre oublié qu’il n’a même jamais ouvert alors que le prend une soudaine envie de faire le ménage dans toutes les « histoires de autres » qui submergent son appartement parisien. Et voici qu’un vague élan de curiosité, qu’un nébuleux embryon d’espoir l’assaillent subitement. Et voilà qu’il se retrouve sur les quais de la gare de Bordeaux Saint Jean, prêt à suivre les traces de cet auteur, de ce « coucou » qui quelques années plus tôt avait décidé de s’immiscer dans la vie des autres et combler les vides qui s’y trouvaient. Curieuse facétie du destin qui va le conduire jusqu’à une petite librairie de Soulac et l’immense plage de l’Amélie, destination finale pour un nouveau départ ?

On se croirait dans un roman (J-C. Denis a d’ailleurs publié un roman éponyme dans la foulée, illustré de dessins en noir et blanc), avec en super bonus  des vignettes magnifiques au cadrage étonnant. Et pour qui connait cette belle région littorale du nord du Médoc, c’est un vrai plaisir de se retrouver dans ces paysages familiers.

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Une vie française

Vendredi, septembre 2nd, 2011

Jean-Paul Dubois a le don de juxtaposer les mots d’une manière telle qu’ils déclenchent à chaque fois un phénomène jubilatoire chez moi.

« A ses yeux, Vincent avait toujours été le seul héritier des Blick. Il était le portrait de mon père et, malgré son jeune âge, portait déjà les signes de la rigueur et de la maturité. Pour ma part, je n’étais qu’un surgeon, un reliquat spermatique, un moment d’inattention divine, une erreur d’ovulation. »

Une vie française commence avec l’avènement de la 5ème République par référendum le 28 septembre 1958 qui coïncide avec la mort du frère aîné de Paul Blick, le narrateur alors âgé de 8 ans, et se termine en 2004, soit deux ans après la « réelection » de Jacques Chirac. Chaque septennat (ou quinquennat… ou moins selon les cas) intermédiaire découpant le livre en autant de chapitres.
Ne se posant jamais en donneur de leçon, ni en analyste rébarbatif, en nous relatant un simple détail, Paul arrive à nous faire appréhender l’essentiel des évènements qui traversent sa vie, qu’ils soient d’ordre personnel, familial, politique ou religieux.
C’est un vrai déchirement de le quitter au bout de 400 pages pendant lesquelles il nous a ouvert avec pudeur les recoins de son âme.
C’est drôle, c’est grave, c’est exaltant, c’est triste, c’est touchant, c’est révoltant… C’est la vie…

Voir aussi > Ils le disent mieux que moi

Et puis, je peux même mettre l’article dans l’Actu de la mare puisque je découvre à l’instant que France 2 vient d’en faire une adaptation télé qui sera diffusée le 14 septembre !!!
(Je me méfie des adaptations mais bon il y aura Jacques Gamblin…)

Et puis je n’ai pas lu le bouquin mais son Kennedy et moi au ciné était assez génial !
Voir > Les scènes

Et puis à propos de Jean-Paul Dubois :
Voir aussi > la citation en prologue de ce blog !

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Un L qui veut dire Largo

Dimanche, juillet 24th, 2011

Même si on peut difficilement comparer les aventures de Largo Winch à celles de Corto Maltese – autre époque, autre contexte – et si le graphisme est totalement différent, on ne peut pas s’empêcher de noter certains points de convergence entre les deux protagonistes de ces épopées.

Toujours volontaires pour défendre courageusement les intérêts des plus vulnérables aux quatre coins de la planète, héros sans armure et sans costume de foire, ne craignant pas les coups,  maniant l’humour avec parcimonie et agrémenté d’une pointe de cynisme, le temps n’a pas d’emprise sur eux et même couchés sur le papier, ils sont plus séduisants et ont plus de charisme que nombre de leurs homologues en 3D.

Placé malgré lui par son père adoptif, fondateur du puissant groupe « W », à la tête d’un empire se chiffrant en millards de dollars, plus terre à terre et toujours au coeur d’embrouilles principalement financières, Largo Winch est confronté à des crapules bien peu sympathiques et mûes par des motivations qui n’ont le plus souvent rien d’idéalistes et là où il est nettement à la ramasse par rapport au marin maltais c’est au niveau de ses rencontres féminines… beaucoup moins intéressantes…  là où Corto Maltese fait plutôt dans la passionnée et la grâce naturelle, lui fait quand même principalement dans la greluche et la wonder-femelle vénale (et 95D mini de tour de mamelles…conséquence inévitable sûrement de son immersion dans ce milieu qui pousse à la démesure dans les chiffres quels qu’ils soient…).

Nota : on attend la sortie de « Colère rouge« , 18ème Tome de la série de Jean Van Hamme et Philippe Francq, puisque les aventures de leur héros sont toujours des diptyques et que « Mer noire » sorti fin 2010 nous a laissés en plein suspens, avec un Largo pris au piège sur un bateau quittant le port de Trabzon en Turquie

Tiens, en cherchant des images, je viens de retrouver ça sur le net :

J’avais bien en tête la pub avec Corto, mais j’avais complètement oublié celle avec Largo !
(Serait-ce que ce parallèle entre les deux s’était inscrit profondément dans mon subconscient ?!?!?

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Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark

Lundi, mai 2nd, 2011

Passablement contrarié par le rapide remariage de sa mère avec Claudius, le frère de son défunt père - « Economie ! Economie ! Horatio ! Les viandes cuites pour les funérailles ont été servies froides au festin des noces. J’aurais préféré rencontrer mon pire ennemi au ciel, plutôt que de voir pareil jour » – le prince Hamlet voit soudain apparaître le Spectre de ce dernier qui lui balance sans détour que non content de lui avoir piqué sa femme, Claudius lui avait auparavant versé une fiole de liqueur empoisonnée dans le creux de l’oreille, causant sa mort instantanée et lui ravissant par la même le trône du Danemark.

Ce ne sera pas la dernière de ses vilénies : l’immonde Claudius n’en est plus à une ignominie près et les errances d’Hamlet, alors qu’il s’ingénie à démasquer le mal – « Notre époque est détraquée. Maudite fatalité que je sois né pour la remettre en ordre » – dans le dédale de ses questionnements métaphysiques et existentiels laisseront le temps au fratricide de se vautrer dans ses turpitudes qui ne prendront fin qu’avec le dénouement de cette tragédie.

« Les noires actions, quand toute la terre les couvrirait, se dresseront toujours aux yeux des hommes »

Pauvre Ophélie, pauvre Laerte, jeunes et innocentes victimes collatérales, à la pureté pervertie par un père – Polonius, premier ministre du traître roi - trop suspicieux pour être irréprochable, qui périra lui-même  des vicissitudes dûes à son obséquiosité. Enfin, on ne fait pas d’Hamlet sans casser des oeufs…

Y’en a un paquet qui s’y sont collés à interpréter ce cher Hamlet : de Laurence Olivier à Mel Gibson, en passant par Jude Law, Kenneth Branagh ou Kevin Kline, pour ne citer qu’eux parmi les plus connus.

Même Schwarzie a tenté l’expérience le temps d’une courte parodie dans le Last action hero de John McTiernan (qui - Oh ! troublante coïncidence – était rediffusé ce soir sur une chaine de la TNT !) et quand le Shakespearator s’y met, il ne met pas trois heures à répondre à la question fatale « To be or not to be ? » !


> voir l’extrait

Fan de Shakespeare : Roméo et Juliette, La Mégère apprivoiséeLe Songe d’une nuit d’été… Mais de tous ceux que j’ai pu lire (et relire) jusqu’à présent, Hamlet restera mon préféré…

« Il est important d’y noter qu’un homme peut sourire, sourire, et n’être qu’un scélérat. »

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Encore une histoire de nains…

Dimanche, novembre 7th, 2010

…mais rien à voir avec ceux concernés par ce blog qui, vous l’aviez bien compris font référence à ceux cités à la lettre M de mon abécédaire (voir > Mini mâles et gros bonnets), et qui ne sont en aucun cas un manque de respect aux personnes de petite taille dont il est question dans le livre dont je veux vous parler aujourd’hui :

Un enfant de la balle de John IRVING

Les nains dont il est question dans ce roman sont des nains achondroplases qui officient beaucoup dans les cirques en Inde, pays où se déroule en majeure partie l’action du livre et d’où est originaire le Dr Daruwalla, personnage central partageant sa vie entre Toronto et Bombay, la chirurgie orthopédiste et les scénarios de séries policières, et qui va nous permettre de rencontrer un panel de personnages hauts en couleur !

Comme souvent dans l’univers d’Irving, il y a des gens avec leurs convictions (ou leurs non-convictions) bien à eux, des histoires de transsexuels, de mutilés (volontaires ou non…), d’hommes et de femmes en quête  de leurs origines, de leur place géographique ou spirituelle… mais ce qui pourrait devenir glauque ou dramatique prend avec lui des allures drôles et extravagantes !

Il fait partie de ces auteurs qui reviennent régulièrement sur ma table de chevet. Le monde selon Garp me l’a fait découvrir à l’époque où le film du même nom était sorti sur les écrans. Depuis, je me replonge à chaque fois avec délectation dans ses pérégrinations (entre le Nord-Est des Etats-Unis et Vienne le plus souvent) et la découverte de personnages insensés et attachants.

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Nom d’une mite chauve !

Vendredi, juin 18th, 2010

Pourquoi Georgia Nicholson provoque-t-elle une telle détente de mes zygomatiques quand l’ado perso de mézigue qui sévit dans mon sweet home a le don de me mettre les nerfs en pelote ?

Le 1er tome de son journal intime s’appelait « Mon nez, mon chat, l’amour et… moi » :

Georgia Nicholson T1« Georgia Nicolson a 14 ans et trouve que sa vie est un enfer ! Son chat se prend pour un rottweiler, son père voudrait aller vivre en Nouvelle-Zélande, sa mère porte des jupes trop courtes pour son âge, sa meilleure amie ne perd pas une occasion de lui casser le moral et le garçon le plus canon du quartier sort avec une cruche aux oreilles décollées au lieu de comprendre que Georgia est la femme de sa vie. Enfin, s’il n’y avait que ça, elle pourrait survivre, mais il y a cette chose gigantesque au milieu de son visage, son nez ! »   

nous disait l’éditeur.

Au fil des opus écrits par Louise Rennison (illustration des couvertures par Claire Brétécher) , le style est devenu de plus en plus « réservé-aux-initiés », un peu too much, ce qui a d’ailleurs découragé mon ado sus-citée dans la poursuite de sa lecture, mais avec la récente sortie du 10ème et dernier tome, nous devrions  savoir si Georgia va enfin s’arracher les peaux de bananes qu’elle a devant les mirettes et comprendre que ni le Sublimo Scooterino, ni Super-canon ne sont les hommes de sa vie ! Nous on sait depuis le début que c’est Dave la Marrade la grole à son nougat !!!

NonNonBâ de Shigeru Mizuki

Samedi, mai 15th, 2010

Couv Non Non Bâ

Fantômes, créatures surnaturelles, les Yôkaï sont partout !  Et NonNonbâ en connait un sacré rayon à leur sujet ! Le petit Shigeru, gamin d’une province japonaise des années 30 à l’imagination déjà débordante, est avide de ces histoires que lui raconte cette mémé qui a toujours la bonne réplique et la bonne explication (ir)rationnelle dans toutes les situations ! 

Tranches de vie de personnages attachants, découverte d’une autre époque, d’un autre mode de vie, des relations entre les gens et les règles qui les régissaient.

Pour ma première incursion dans le domaine du Manga (non pas que ça ne m’attirait pas mais je ne savais en fait pas trop par où commencer avec toute l’offre qui existe maintenant…), je dois dire que j’ai été bien conseillée par Japanese-Lover : beau graphisme, belle histoire, totalement différent de l’idée préconçue que j’avais sur le genre !

Shigeru+Azuki-hakari

Et le père de Shigeru est vraiment de bon conseil :

Papa de Shigeru

NonNonBâ

 

 

Dis moi NonNonBâ, comment s’appelle le Yôkaï qui règne sur les mares de batraciens couronnés ???