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Archive for septembre, 2011

dans la ligne de mire > Le vampire

Dimanche, septembre 11th, 2011

Maxillaires offensives cherchent cou délicat
pour partage d’un fugace mais intense moment de sensualité
et plus (voir l’éternité…) si affinités !

Ils reviennent régulièrement sur le grand et le petit écran alimenter nos peurs et nos fantasmes. Y’en a pour tous les âges, y’en a de tous les styles.
Ma première rencontre avec l’un d’entre eux date de 1979 et fût une cause de trouble de mon sommeil de lycéenne pendant au moins quinze jours : faut dire que Klaus Kinski était déjà impressionnant sans maquillage, alors quand Werner Herzog lui a fait endosser la cape de Nosferatu et qu’il est apparu à l’écran avec ses 2 petites dents pointues et ses yeux cernés de noir… Encore aujourd’hui, j’ai du mal à regarder une simple photo de ce film !
De grands réalisateurs ont apporté leur touche personnelle au genre et  je ne m’amuserai pas à énumérer la pléthore d’acteurs qui ont troqué leurs inoffensives incisives contre une paire de canines acérées. De David Bowie (Les prédateurs) à Ethan Hawke (Daybreakers) en passant par Brad Pitt (Entretien avec un vampire) ou Kiefer Sutherland (Génération perdue), ils se sont métamorphosés en créatures de la nuit inquiétantes et envoûtantes, mais dûssé-je y laisser mon âme, je n’offrirais sûrement aucune résistance à trois d’entre eux :

Le plus troublant sans hésitation :

 

Gary Oldman en comte Dracula dans le film de Coppola.

Il suffi de revoir la scène du cinématographe et du loup blanc…

> voir la scène

 

 

  

 

 

 

Le plus ésotérique (et le moins denté…)

Jude Law dans La sagesse des crocodiles de Leong Po-Chih.

Jude qui, à l’instar de Dexter, achetait alors des bâches plastiques au kilomètre.

> voir la bande annonce

 

 

Le plus gentil (enfin tant qu’il est malheureux…)

David Boreanaz, l’ Angel de Buffy.

Des bohémiens lui ont jeté un sort et rendu son âme (« tiens ça t’apprendra à boire le sang d’une des nôtres ! »).
Depuis, il est rongé par le remords et ne peut plus connaître un seul moment de bonheur absolu sans redescendre dans les tréfonds de l’enfer. Il fini donc par quitter Sunnydale et la pauvre Buffy pour leur épargner à tous deux la cruelle épreuve de vivre un amour strictement platonique.

 


Et le 14 septembre prochain, c’est Colin Farrell qui va s’y coller dans un remake de Fright night (Vampire, vous avez dit vampire). Dans le genre attraction/répulsion, Colin pourrait s’avérer être un bon choix de casting. A suivre…

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Une vie française

Vendredi, septembre 2nd, 2011

Jean-Paul Dubois a le don de juxtaposer les mots d’une manière telle qu’ils déclenchent à chaque fois un phénomène jubilatoire chez moi.

« A ses yeux, Vincent avait toujours été le seul héritier des Blick. Il était le portrait de mon père et, malgré son jeune âge, portait déjà les signes de la rigueur et de la maturité. Pour ma part, je n’étais qu’un surgeon, un reliquat spermatique, un moment d’inattention divine, une erreur d’ovulation. »

Une vie française commence avec l’avènement de la 5ème République par référendum le 28 septembre 1958 qui coïncide avec la mort du frère aîné de Paul Blick, le narrateur alors âgé de 8 ans, et se termine en 2004, soit deux ans après la « réelection » de Jacques Chirac. Chaque septennat (ou quinquennat… ou moins selon les cas) intermédiaire découpant le livre en autant de chapitres.
Ne se posant jamais en donneur de leçon, ni en analyste rébarbatif, en nous relatant un simple détail, Paul arrive à nous faire appréhender l’essentiel des évènements qui traversent sa vie, qu’ils soient d’ordre personnel, familial, politique ou religieux.
C’est un vrai déchirement de le quitter au bout de 400 pages pendant lesquelles il nous a ouvert avec pudeur les recoins de son âme.
C’est drôle, c’est grave, c’est exaltant, c’est triste, c’est touchant, c’est révoltant… C’est la vie…

Voir aussi > Ils le disent mieux que moi

Et puis, je peux même mettre l’article dans l’Actu de la mare puisque je découvre à l’instant que France 2 vient d’en faire une adaptation télé qui sera diffusée le 14 septembre !!!
(Je me méfie des adaptations mais bon il y aura Jacques Gamblin…)

Et puis je n’ai pas lu le bouquin mais son Kennedy et moi au ciné était assez génial !
Voir > Les scènes

Et puis à propos de Jean-Paul Dubois :
Voir aussi > la citation en prologue de ce blog !

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Jean-Paul Dubois

Vendredi, septembre 2nd, 2011

« - Tu sais quoi ? Franco est mort.
   - Et alors ?
   J’eus le sentiment de me retrouver suspendu dans le vide, me balançant au bout d’une corde pouvant se rompre à chaque instant et m’envoyer rejoindre toutes les âmes noires du caudillo. Elle avait juste dit : « Et alors ? », et cela avait suffi pour qu’un monde s’écroulât… « Et alors ? » Je venais brutalement de comprendre que la relation affective et charnelle qui m’unissait à Anna cachait, en réalité, une profonde mésalliance. Nous appartenions chacun à des univers parallèles. Nous n’avions pas respiré le même air, ni partagé la même atmosphère. Je me piquais de théologie gauchiste tandis qu’elle tenait la politique pour un art proche du macramé…
… Seul un lit de 2,80 mètres carrés pouvait aplanir ces divergences, atténuer ces différences. Sur cette modeste surface nous laissions à nos corps le soin de prendre le contrôle de la situation. Ils s’acquittaient parfaitement de leur tâche, s’alliant le temps du tournoi, laissant ensuite à chacun, dans le silence de son retrait, le soin d’apprécier les mérites comparés d’une fellation bourgeoise et d’un cunnilungus progressiste. Mais 2,80 mètres carrés de latex haute densité représentaient-ils un socle, une étendue suffisante pour espérer construire une relation amoureuse ? Malgré mes postures désinvoltes, j’avais à l’époque un profond désir de stabilité, le goût d’aimer une femme unique, le plus longtemps possible. J’avais même une idée très précise de cette compagne idéale : une fille qui ressemblerait à Sinika et penserait comme mon frère Vincent, qui serait capable de m’aimer, de me secouer, aussi, quand je faisais fausse route, avec qui je pourrais jouer, bricoler, fumer de l’herbe, dormir dehors, à qui je pourrais raconter l’histoire du carrosse, parler de l’appartement maudit, et auprès de qui jamais, je ne ressentirais le fardeau d’être en vie. Ni la peur de mourir seul. »

Extrait de :  Une vie française

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